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L’arboriculture de l’Yonne cherche ses soutiens

L’arboriculture de l’Yonne cherche ses soutiens

9 mai, 2017

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La filière arboricole de l’Yonne attend un geste significatif de l’Etat et de la Région

Le secteur de l’arboriculture de l’Yonne vit une fois de plus des moments difficiles avec le retour de conditions météorologiques particulièrement délicates, entre gel et pluie. La chute des températures qui a frappé le territoire icaunais il y a quelques jours aura eu comme conséquence de renforcer le malaise persistant autour de la filière.

Déjà durement éprouvée par la prolifération de parasites (une variété de mouches très nuisibles) entraînant la dégradation des fruits, la filière arboricole ne cesse d’enregistrer de mauvais résultats au plan économique depuis plusieurs saisons. Sur 380 hectares de culture fruitière exploitée sur le COULANGEOIS, près de 220 hectares ont été sinistrés à la suite de cette période de gel. Pire : de 5 à 10 hectares d’arbres fruitiers devraient être arrachés à l’issue de cette triste période peu propice au développement des végétaux. Le problème demeure aujourd’hui la monoculture pour quelques professionnels qui restent 100 % arboricoles sur leur exploitation. D’où une réelle ambiguïté pour aborder l’avenir en toute sérénité.

Non couvert par le risque assurantiel, le gel qui n’est pas considéré comme une calamité agricole est devenu en l’espace de plusieurs saisons l’ennemi invisible et redouté des arboriculteurs mais aussi des viticulteurs. Ces derniers n’hésitent pas à employer les grands moyens pour réchauffer et protéger les plants de vigne face aux rigueurs mortifères du froid. « Le gel n’est pas considéré comme une calamité agricole, a expliqué Alain DURUZ à la présidente de la région Bourgogne Franche-Comté, Marie-Guite DUFAY, venue s’entretenir il y a quelques jours avec les professionnels à la Chambre départementale d’agriculture de l’Yonne ; or, les banques devant cette situation répétitive en raison de la recrudescence de ces phénomènes hivernaux lâchent progressivement les exploitants. Nous vivons une période extrême pour joindre les deux bouts… ». D’autant que les indemnités n’ont pas encore été perçues par les victimes de ces aléas climatiques. L’enveloppe de l’Etat s’élève à 300 000 euros au plan national. A ce propos, la présidente de la région a bien réaffirmé qu’elle n’était pas l’Etat mais qu’elle s’engageait auprès de la Préfecture de Région pour tenter d’accélérer le processus d’attribution de cette dotation salvatrice.

Le président de la Chambre d’agriculture de l’Yonne souhaite que la Région intervienne au plus vite pour soutenir la filière de l’arboriculture…

 
« La Région doit trouver une facilité qui permettra de créer un système d’avances remboursables dès que possible… ».

Citant l’exemple de la Région Centre Val de Loire, très touchée par les intempéries de la saison dernière mais aussi par les épisodes de gel au cours de ces dernières semaines, la présidente de Bourgogne Franche-Comté aimerait développer un plan de procédure d’urgence. Le versement d’un acompte, à hauteur de 60 %, souhaités par les agriculteurs, pourrait ainsi débloquer la situation. Une réunion d’urgence devrait avoir lieu d’ici peu entre les différents partenaires institutionnels et étatiques concernés par cet épineux dossier afin de trouver le plus vite possible les préconisations d’usage. Ce front commun Etat/Région devrait permettre selon la présidente de la Région de résoudre les problématiques inhérentes à la lutte contre les calamités. Cette nouvelle crise impactant la filière arboricole menace également les emplois induits par la filière. Les 500 emplois saisonniers habituels devraient fondre comme peau de chagrin et ne laisser la place qu’à une centaine de postes cette saison à cause de cette météo perturbatrice. Ce cri de détresse sera-t-il enfin entendu et pris en considération par les plus hautes sphères institutionnelles de notre territoire ?

Thierry BRET
Presse Evasion
presse.evasion@gmail.com

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