Dimanche Le jour de l’Europe

Publié par le 27 mai 2014

Tsunami », « choc », « séisme », « bouleversement grave », « big bang ».

Les personnalités politiques invitées sur les plateaux de télévision ou de radios manquaient de mots pour qualifier ce qui s’est produit dimanche soir après les élections européennes. Le contraste était saisissant avec le sourire de Marine Le Pen. Car le Front national a réussi son pari. Il est sorti grand vainqueur de ce scrutin avec 26% des voix, une percée historique. Un résultat qui relègue l’UMP à cinq points (20,7%). Quant au PS, il a littéralement volé en éclat avec 13,88%, selon des résultats partiels.

Mais beaucoup au matin du 26 juin voient plus loin et s’interrogent. Que va-t-il se passer lors des prochaines élections ? Comment Marine Le Pen va-t-elle mettre à profit ce résultat ? Pour les dirigeants du FN, pas de doute. Dans le QG de campagne parisien dimanche soir, les signes d’optimisme ne trompaient pas. « Le Front national, premier parti de France » pouvait-on lire sur des affiches collées aux murs aussitôt les résultats publiés. « C’est une défaite pour l’UMPS, c’est une déroute » déclarait Jean-Marie Le Pen, vainqueur dans le Sud-est. Le président d’honneur ajoutait même : « c’est la fin d’un système, le FN va bientôt prendre le pouvoir ». Pas encore…. mais côté FN on y croit de plus en plus et les dirigeants du parti que cette victoire est une « grosse pierre » semée sur le chemin qui mène à l’élection présidentielle de 2017.

 Il faut « créer une dynamique pour la présidentielle » a dit « MLP ». Désormais, la présidente du FN entend encore davantage peser sur la vie politique française et bloquer un peu plus les décisions européennes. Marine Le Pen a d’ailleurs demandé à François Hollande la dissolution de l’Assemblée nationale pour qu’elle soit représentative du peuple et à même de mener la politique d’indépendance que les citoyens ont choisi en insérant leurs bulletins dans l’urne. Peu de chance que le président de la République l’entende ainsi. Mais désormais, une chose est sûre : la donne de la politique française a changé.

Et à l’UMP, tout le monde s’en est rendu compte (ou presque). La victoire des élections municipales est déjà loin. Le parti qui entendait conforter son statut de première opposante en sortant victorieuse des urnes, est nettement devancé avec 20,66% des voix (et donc 20 sièges au Parlement européen), selon des résultats du ministère de l’Intérieur. Cette deuxième place derrière le FN a un goût amer. Encore plus pour Jean-François Copé, qui comptait échapper à la vindicte de ses pairs quant aux soupçons de malversations financières entachant son mandat. Dimanche soir, de manière non-officielle beaucoup d’élus « Umpistes » réclamaient sa tête. Comme Alain Juppé et François Fillon. Les deux hommes ont indiqué dès dimanche soir une refonte de l’UMP. Comprenez, Copé doit laisser la main. Certains parlaient de risque d’explosion et d’autres voulaient que « l’on fasse de la politique autrement. La crise est à la porte.

 Du coté du PS, il s’est totalement effondré avec 13,88% des voix seulement, son pire score lors d’élections européennes (13 sièges). Les Français ont infligé une seconde gifle à François Hollande et à son gouvernement. Dès 21h00, Manuel Valls, très actif durant la campagne, prenait la parole. Une allocution jugée pour beaucoup de personnalités « peu satisfaisante ». C’est « un choc, un séisme » a d’abord reconnu le Premier ministre. « Le moment que nous vivons est un moment grave, très grave, pour la France et pour l’Europe », s’est-il alarmé. Mais pour lui, cela reste « une crise de confiance », pas plus. Une analyse qui n’a pas vraiment été partagée par Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire du PS a expliqué qu’il s’agissait d’une « crise d’identité grave de son parti » et qu’il fallait retrouver une ligne politique claire. Car le PS doit désormais se reconstruire. « Sur un champ de ruine » ajoutait des militants dimanche soir, déçus par ces résultats. Pour autant, Manuel Valls et François Hollande entendent garder le cap.


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